Les aimants du masque neuf.

Il s’agit d’une histoire des aimants et à tel point ils puissent changer une vie.  Et oui j’ai bien dit aimants et pas amants, et non, il ne s’agit pas non plus de l’histoire des draps aimantés et excessivement chers qui ont fait vibrer mes patients insomniaques il y a quelques années.

Imaginez que vous êtes gravement handicapé. Handicapé à un point que la nuit vous ne pouvez qu’à peine levez vos mains à votre visage et que vous avez du mal parfois à avaler votre salive.  Vivant dans l’angoisse de faire les fausses routes et de mourir étouffé. Et un beau jour, un médecin du sommeil, enregistrement à la main, décret que vous avez besoin d’une machine. Avec un masque qui couvre au minimum votre nez. Vous vous inquiétez – s’il vous arrive un pépin en pleine nuit, comment appeler au secours ? Les anciens masques ne sont pas facile ni à poser ni à retirer pour nos patients handicapés.

Nous étions précisément dans cette impasse avec M. R, un patient atteint d’un syndrome d’apnées sévère et qui avait réellement besoin de sa machine car sinon il s’endormait systématiquement pendant ses séances de rééducation.  Traumatisé par l’appareillage malgré les essais itératifs de la quasi-totalité des masques dans le service (et on en a beaucoup de masques…) on était au point de baisser les bras quand il arrivait un miracle. Les masques aimantés. Le masque ne se ferme plus avec un système diabolique (crochet/scratch…) nécessitant une bonne dextérité des membres supérieurs mais se clipse avec un aimant.   Avec un système bricolé avec des bandes on arrive à faire un attrape-masque qui permet au M. R de se retirer son masque si besoin. Et ça roule. M. R commence enfin  à avancer sur le plan de la rééducation.

Et l’histoire des draps aimantés ?  Aucune bénéfice pour mes insomniaques, les  effets néfastes au niveau du portefeuille…  mieux vaut s’offrir des vacances !  Bon été !