Le congrès du sommeil

Ça y est – c’est le grand moment de l’année pour tout les médecins du sommeil,  les infirmières, techniciens, prestataires de service en France…  Il s’agit de notre congrès du sommeil qui aura lieu cette année à Bordeaux.  Les patients qui cherchent une prise en charge cette semaine vont avoir du mal – on est quasiment tous partis – les services et les consultations ferment leurs portes, et on se retrouve tous autour des dernières études scientifiques, les machines de dépistage et ventilation, et des nouveautés médicamenteux. Un grand moment alors, et d’autant plus car il nous permet de sortir de nos coquilles, et de revoir des collègues devenus des amis après tant d’années dans le même métier.

Il est à la mode (au moins dans le monde anglophone) de critiquer les congrès : dans un monde en crise, les congrès coutent cher, sont financés par les compagnies pharmaceutiques et  par les fabricants de matériel médical. Et alors… Il ne faut pas nous prendre pour les naïfs, blindés par les post-it et les stylos gratos (mes enfants les apprécient…) et incapables de peser les indications et contre-indications d’un traitement présenté sur un stand chic avec des documents colorés brandis par des employés  hyperactifs des compagnies pharmaceutiques. Personnellement je demande les copies des articles scientifiques – et depuis le temps que je participe au congrès ils commencent à les mettre en avant. On s’abonne au ‘évidence based medicine’ comme les Anglophones juste 10 ans plus tard.

Comme toute polémique, le discours anticongrès a un peu de vérité dedans.  Oui les professionnels de sante devraient être capables de se former autrement, oui ça coûte cher et bla bla mais les congrès ne sont pas notre seul moyen de formation et je ne suis pas sur que nous soyons plus à l’abri des incitations des compagnies pharmaceutiques et fabricants de matériel médical enfermés dans nos centres du sommeil – les visiteurs médicaux nous suivent partout.

Moi  j’ai hâte d’entendre mes collègues  parler de leurs études, de discuter la prise en charge de mes patients au sein des ateliers, d’apprendre comment améliorer ma pratique clinique et de revoir mes amis. Chaque année je quitte le congrès revigoré, avec la tête pleine des idées – et je vous raconterai toute les nouvelles  la semaine prochaine…