Les mouchards: une histoire sans fin…

Télésurveillance, télémédecine… quoi qu’on l’appelle,  certains de mes patients ont trouvé l’idée d’un mouchard sur le chevet difficile à accepter. Surtout quand ils ont bien compris que le but de la machine est de les ‘fliquer’ sur le plan de l’observance.  Un flicage qui ne s’applique à aucun autre traitement, d’où l’injustice. Mais il est d’évidence qu’une machine dans le placard ne sert à rien et payer cher une prestation qui n’est pas utilisée est difficile à justifier.

Afin de répondre aux exigences de l’arrêté du  22 octobre 2013, les prestataires ont dépensé beaucoup d’énergie et d’argent sur les dispositifs de surveillance, plus ou moins conforme avec les besoins de confidentialité, sur le remaniement des équipes, sur les visites à domicile afin d’installer les boitiers supplémentaires…  nous, les médecins prescripteurs, ont passé un temps fou à expliquer le pourquoi de ces appareils, d’assurer les patients bons utilisateurs qu’ils n’avaient rien à craindre,  de motiver les utilisateurs un peu limite et de chercher les solutions pour les patients qui disposaient de deux machines (une à la campagne, une en ville), qui voyageaient beaucoup ou qui vivaient la moitié de l’année en Afrique.  Et le 15 février le Conseil d’Etat a suspendu l’arrêté. Quel gâchis.

Il est temps que les machines de PPC passent au 21e siècle, qu’ils communiquent avec les médecins prescripteurs, les techniciens et surtout avec les patients. C’est le but de Respir@dom. Je reste convaincu que mieux qu’on comprenne notre machine, mieux qu’on l’utilise. Quand on peut suivre son propre utilisation de la machine de jour le jour c’est motivant.  Mais être appareillé ne résume pas au chiffre de l’utilisation moyenne sur une période d’une semaine. Une machine peut être utilisé mais inefficace, en raison d’une panne, des fuites ou l’évolution de la maladie qui demande une modification des réglages. Et là, un simple vu sur les heures d’utilisation ne sert à rien. Si votre machine tombe en panne je veux le savoir le lendemain, pas dans 6 mois quand le technicien repasse. Et je veux que le technicien, alerté par un système automatisé certes mais fiable, est capable de  réagir rapidement, de vous contacter et de dépanner votre machine

A mon avis c’est l’heure de passer de la télésurveillance à la télémédecine.  Je rêve d’être capable d’appeler mes patients, de dire ‘si vous avez  5 minutes peut-on jeter un coup d’œil ensemble aux résultats de votre machine sur le site’ et de modifier ses réglages sans attendre une convocation en consultation qui risque être loin.  Militons alors pour les machines communicantes.  Militons pour avoir un accès vous-même à vos données tout comme votre médecin et votre technicien et enfin militons pour que les données transmis soient utiles pour vous et pour votre suivi.