Le silence

Elle a 82 ans. Elle vit tout seul. Son mari est décédé il y a 4 ans et elle dort mal. Très mal. Mal parce qu’elle a des douleurs. Mal parce que les soucis de la journée l’envahissent au moment du coucher et mal parce qu’elle a peur. Elle me décrit ses difficultés, toute seule dans une maison trop grande et enfin vidée de toutes les personnes qu’elle aimait, du tourbillon de la vie qui l’entourait quand elle était plus jeune. Ses enfants partis, la moitié de ses amies parties vivre ailleurs ou mortes comme son mari, l’impression d’un silence qui petit à petit envahit sa vie.

Elle me dit à tel point son mari lui manque, et elle fait référence encore au silence la nuit. « Même sa machine me manque docteur : vous savez qu’elle m’agaçait au début, mais à la fin elle me chouchoutait à l’oreille comme un bercement… »