Juste avant le départ.

Youpi, les vacances approchent. Il fait chaud dans notre service, les consultations sont rempli à ras bord et il n’y qu’un ventilateur – hélas, pas pour les médecins. J’ai passé la journée hier à rédiger les dernières ordonnances, à contacter les patients en difficulté afin de peaufiner leur traitement, à répondre à mes emails, à revoir les réglages des machines et à essayer de tout faire avant la fermeture de notre service. Et parce qu’il y a toujours des urgences au dernier minute, à lire les enregistrements demandés par les internes pour des patients qui ont passé six mois à ronfler tranquillement dans leur service mais pour qui il faut à tout prix avoir un enregistrement avant les vacances. Demander un enregistrement à la recherche d’un syndrome d’apnées au dernier minute n’est pas très intelligent car une fois qu’on en trouve il faut traiter, et pour traiter, rien n’est mieux que nos infirmières bien expérimentés qui font des essais de masque au chevet du patient, informent et forment les patients, trouvent les solutions innovatrices afin que les patients avec les troubles neurologiques puissent manipuler le matériel, concertent avec l’équipe médicale pour trouver les bonnes pressions… Quand notre service ferme et les infirmières sont en vacances les choses sont plus délicat.

Hier je trouve un syndrome d’apnée du sommeil carabiné chez un patient hospitalisé pour un trouble neurologique grave. Au secours. Je passe voir le patient pour lui apporter la mauvaise nouvelle et apprends (non sans surpris) qu’il sait qu’il a des apnées, qu’il a déjà été ventilé mais qu’il n’a pas supporté sa machine. Il a eu une visite d’un technicien au début pour démarrer son traitement et par la suite, rien. La machine lui a étouffé, donc il ne l’a jamais utilisé. Devant son handicap et le fait qu’il est barbu, que la machine n’a pas marché au premier coup n’a rien d’étonnant. La barbe = fuites, et handicap moteur = fuites aussi. Fuites + fuites = échec de PPC. Il faut du un certain expertise, du temps et plusieurs essais afin d’arriver à une solution confortable chez les patients atteints des handicaps moteurs.

Devant l’absence de nos infirmières, déjà parties en vacances, je fais appel à notre prestataire expert-des-patients-les-plus-difficiles, qui missionne un technicien archi-expérimenté sur place. Qui passe plus d’une heure au chevet de mon patient à faire les essais de masque et de trouver une bonne pression de départ (parfois il faut une pression plus élevé et sans rampe pour mes patients neurologiques). Bon démarrage, mais il faut tenir pendant les vacances avec un médecin qui part à l’autre bout du monde. Grace à la technologie moderne on va y arriver. Le technicien retournera la semaine prochaine afin de faire ses contrôles, qu’il postera sur le site médical sécurisé, que je consulterai à distance afin de modifier si besoin les pressions… Le patient est tout à fait d’accord et content qu’une solution ait été trouvée avant qu’il ne parte en vacances (oui, lui aussi) et nous espérons tous que, sans apnées, il retrouve sa forme afin de profiter de son temps avec sa famille. Je vous tiens au courant de son progrès – après les vacances. Bonnes vacances à tous.